Loir-et-Cher : Hubert-Louis Vuitton plaide pour une évolution du système d’indemnisation
À quelques jours de l’ouverture de la saison, le président de la Fédération des chasseurs du Loir-et-Cher, Hubert-Louis Vuitton, a rappelé les enjeux majeurs qui attendent le monde cynégétique.
Aligné sur la position de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), il appelle à une réforme du système d’indemnisation des dégâts de grand gibier, aujourd’hui supporté uniquement par les fédérations et leurs adhérents.
Vers une refonte nécessaire du financement des dégâts
« Il faut faire évoluer la réglementation », insiste Hubert-Louis Vuitton.
Malgré la baisse des populations de sangliers, les dégâts agricoles restent élevés : près de 2 millions d’euros en Loir-et-Cher sur la dernière saison.
Le sanglier, espèce juridiquement « res nullius » ( n’appartenant à personne ) continue pourtant de représenter une lourde charge pour les chasseurs.
Le président appelle donc à une répartition plus équitable du coût de ces indemnisations, condition indispensable pour garantir la pérennité de la chasse à long terme.
Des consignes claires pour le grand gibier
Les chasseurs du département ont été invités à tirer sans distinction de sexe, d’âge ou de poids, afin de poursuivre la régulation des populations de sangliers, notamment dans les zones agricoles.
Concernant les cervidés, le plan de chasse atteint 75 %, un niveau jugé satisfaisant.
Les chevreuils, quant à eux, se maintiennent globalement malgré quelques disparités locales liées à des maladies.
Petit gibier : des résultats encore fragiles
La reproduction du petit gibier sédentaire reste préoccupante.
L’année 2026 s’annonce à nouveau médiocre pour les perdrix et faisans naturels, malgré les efforts engagés.
Une étude est en cours pour mieux comprendre les causes de ce déclin, probablement multifactorielles (conditions climatiques, prédateurs, agriculture, etc.).
Le lièvre, en revanche, affiche des densités honorables, avec 23 animaux pour 100 hectares en moyenne.
La gestion adaptative, clé de l’avenir
Hubert-Louis Vuitton encourage les chasseurs à adopter la gestion adaptative et les outils numériques qui l’accompagnent, comme l’application ChassAdapt pour les migrateurs.
Une autre application départementale permet désormais de contacter rapidement un conducteur de chien de sang en cas de blessure de gibier, un progrès salué comme un geste d’éthique et de responsabilité.
Sécurité et vigilance sur le terrain
Enfin, le président a rappelé deux priorités :
la sécurité absolue lors des actions de chasse et le respect d’une nature fragilisée.
Touché lui-même par un incendie estival ayant détruit 25 hectares de végétation en Sologne, il a souligné le rôle essentiel des chasseurs dans la surveillance et la prévention sur le terrain.
« Nous sommes les vigies de la nature », conclut-il.